Fieseler Storch

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Par Jean Paul Gabano, Jérôme David et Bernard Chevalier
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Le Fieseler Storch est un avion allemand de la seconde guerre mondiale. PAF (Peter Adolf Flugmodelle) propose à son catalogue un adorable kit aile haute converti au li-ion par Jean Paul Gabano. Nous allons vous raconter l'histoire de cet avion. L'aventure commence en Juin 2001.

le Storch PAF
26 400 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR)
Le kit PAF.

1 - Le choix d'un kit

: L'expérience acquise grâce au PIPER (1m70 et 3 kg), au Ventura et au B-25 nous a permis de définir assez précisément les modalités de l'utilisation du Lithium-ion comme source d'énergie. Ces accus sont parfaitement adaptés aux fortes réductions associées à des hélices de grandes tailles. Ces grandes "batteuses" permettent des vols lents et majestueux. Elles ne peuvent être montées que sur des appareils ayant une garde au sol importante. Après les motoplaneurs de taille moyenne (2.5kg) je souhaitais me tourner vers un avion ni trop grand ni trop petit, genre maquette. Le Fieseler Storch avec sa silhouette originale et attrayante, son train d'atterrissage très particulier, son nez très haut permettant de placer une grande hélice, répond admirablement bien au cahier des charges.
  • envergure: 1430 mm
  • longueur: 970 mm
  • poids (origine): 1,5 à 2.2 kg
  • surface alaire: 25 dm2
  • charge alaire: 60 à 84 g/dm2
  • profil: genre Clark Y
  • moteur: 3,5-5cc/SPEED 600 réducté

  • 2 - Restauration et relookage du Storch

    : Je parlais de mon projet à l'incontournable Jacques Guindeuil qui avait justement en dépôt vente un Fieseler Storch de chez PAF. Le propriétaire voulait s'en séparer n'ayant pas réussi à en tirer toute la quintessence. Pour un prix modique, je récupérais le Storch déjà équipé de servos. Je me mis donc à la relooker. Jacques m'avait averti qu'il était affublé d'une horrible peinture verte. Un décapage complet s'avéra nécessaire. Uns fois le rentoilage terminé, il ne restait plus qu' à le convertir à sa nouvelle source d'énergie: le Litium-ion.

    un adorable 
51 300 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR) un adorable kit aile haute
39 800 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR)
    Son nez très haut permet de placer une grande hélice
    Programme

    3 - Conversion au Lithium-ion

    : Dans sa notice technique, très succincte, PAF recommande le Fieseler pour des motorisations thermiques de 3.5 à 5 cm3. En version électrique l'appareil est généralement doté d'un Speed 600 réducté associé à une batterie Ni-Cd RC200 (de 8 à 14 éléments). Son poids est donc très variable de 1.5 à plus de 2 kg selon la version envisagée. La charge alaire est d'environ 60 g/dm2 et peut atteindre 84 g/dm2 pour les versions les plus lourdes. Je décidais de faire le plus léger possible. Mon choix se portait naturellement sur un moteur réducté de la série HP 200/20 beaucoup moins lourd que le Speed 600 réducté de la notice qui pèse 260 grammes (speed gear 600 BB en 8.4 volts). C'est 105 grammes de plus que le HP qui n'atteint que 155 grammes (réducteur compris) avec un rendement nettement supérieur au speed 600. Ce sont des moteurs haut de gamme capables de supporter jusqu'à 200 Watts de puissance d'entrée: la qualité Plettenberg!

    un adorable 
35 000 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR) Jérôme David
26 200 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR)
    Sur la balance. 1621 grammes, soit une charge alaire de 65 g/dm2.

    Le Fieseler prend forme. Les premières estimations indiquent un poids de 1600 grammes en incluant une source de propulsion Lithium-ion 3 MP174865 SAFT de 10.8 volts et 4.5 Ah. Cette batterie allait faire ses preuves un an plus tard avec le B-25 présenté dans Bungymania. La construction terminée, il fallait passer sur la balance. 1621 grammes, soit une charge alaire de 65 g/dm2. Je poussais un soupir de soulagement. J'étais dans la zone de faible charge alaire. Tous les espoirs de tirer le meilleur parti du Fiseler étaient permis. Restait une condition: trouver la bonne association moteur/réducteur/hélice.

    Programme
    Caractéristiques du Fieseler:
  • envergure: 1430 mm
  • longueur: 970 mm
  • poids : 1,650 kg
  • surface alaire: 25 dm2
  • charge alaire: 66 g/dm2
  • profil: genre Clark Y
  • motorisation: Plettenberg HP 200/20/7 réductés 4.4/1
  • hélice: APC 12x10 (pas relatif 0.83)
  • energie: Lithium-ion 3 MP174865 SAFT de 10.8 volts, 4.5 Ah. et 400 grammes.
  • Fonctions: Dérive, profondeur, ailerons, moteur.
  • autonomie: 30 mn de vol (et plus selon les conditions).

  • 4 - De Electricalc à Motocalc

    : Au début de 2002, je m'interrogeais toujours sur la meilleure propulsion pour ce Fieseler. Je demandais à Jacques Guindeuil de réaliser des simulations avec son programme Electricalc afin de dégrossir le problème. Je remercie Jacques pour sa gentillesse et toute la patience qu'il m'a accordé durant ce laborieux et long travail. Le projet trouva sa forme définitive grâce à Patrick Lemarchand. Intéressé par la conception du Storch, il réalisa une étude systématique des possibilités offertes par la batterie Lithium-ion 3 éléments de 4.5 Ah en association avec différents moteurs réductés 4.4/1 de la série HP 200/20 et des hélices de pas et de diamètres très divers. Après quelques mois d'échanges et de discussions, mon classeur débordait de tableaux et de chiffres. Au banc d'essai, je réalisais, pour Patrick, des mesures que je comparais aux valeurs fournies par Motocalc. Les chiffres ont finalement permis de finaliser le Storch en juillet 2002. Ces caractéristiques sont données dans le tableau ci contre.

    5 - De la simulation à la réalité

    : Le tableau ci-dessous regroupe les résultats obtenus par Patrick Lemarchand avec Motocalc. Les mesures effectuées au banc (en statique au régime moteur maximum) sont en assez bonne cohérence avec les prévisions de ce logiciel.
    Plettenberg HP 200/20/7 réductés 4.4/1 et batterie Lithium-ion 3 MP174865 SAFT de 10.8 volts de 4.5 Ah.

    Conditions Intensité Tension Watts Input RPM
    Conditions Intensité Tension Watts Input RPM
    Motocalc
    (Patrick Lemarchand)
    16.1 A 8.8 V 141 W 4868 t/mn
    Mesures au banc
    statique, régime moteur maximum
    15.5 A 9.8 V 152 W 4800 t/mn
    Origine des données: Jean Paul Gabano.

    Par ailleurs, les commentaires de Motocalc (Aerodynamic notes) indiquent que l'avion doit se comporter comme un "basic trainer" sans difficultés particulières de pilotage. C'est ce qui a été réellement observé lors des récents essais menés par Arnaud Proux et Jérôme David. Le seul problème rencontré au cours des vols était un décrochage aux basses vitesses lors de l'atterrissage. Celui-ci était du à un piqueur trop important (8 à 10°) qui a été réduit par la suite (2 à 3°) entraînant la disparition de ce désagrément.

    Programme

    6 - Essais en vol

    : Décollage: Du fait de la large voie du train et de la roulette de queue non directrice, les décollages du sol sont réservés aux jours de vent (dans ces conditions deux mètres suffisent pour quitter la planète). En règle générale le décollage du sol est réalisé au régime moteur maximum. Le Fieseler se lève sur son train principal. Une légère action à la profondeur lui suffit pour décoller sur 30 mètres. Les jours sans vent, l'appareil a tendance à s'écraser sur son train amorti. La voie au sol augmente et le taxiage devient quasi impossible rendant la tenue d'axe plus que chaotique. Un lancer après quelques pas d'élan est préférable pour envoyer notre bel oiseau naviguer paisiblement dans le bleu azur. La tenue en main est tellement facile que le lancer peut être effectuer par le pilote (sans aide). La montée qui suit le décollage est franche et s'effectue sous un angle de 15° environ, la puissance disponible est suffisante.

    un adorable 
33 300 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR) Jérôme David
29 600 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR) Jérôme David
33 260 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR)
    Le Fieseler peut être très facilement lancé à la main moyennant quelques pas d'élan

    Vol lent : Ce n'est pas un point fort du fieseler. La charge alaire de 65gr/dm² se fait sentir. Il n'y a pas de becs de bords d'attaque ni de volet hyper sustentateur pour augmenter la portance et diminuer les basses vitesses. Le décrochage intervient tout de même tardivement et l'avion prévient d'un balancement d'aile avant de décrocher. Un vrille peut survenir. Le vol lent s'apparent à celui d'un classique trainer aile basse.

    Fieseler aligné en bout de piste
31 100 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR) Descente vers la piste
22 000 oct (CLIQUEZ pour AGRANDIR)
    Alignement sur la piste et réalisme de vol

    Vol rapide : Le Storch grandeur était un appareil STOL ( Short Take Off and Landing). Il est donc prévu pour des atterrissages et décollages courts. Le vol en palier s'effectue donc avec deux tiers de la puissance. Les gouvernes sont mordantes, un pilotage trois axes est recommandé. Les ailerons en bout d'aile induisent du lacet inverse et leur efficacité est réduite. La pleine puissance n'est utile que pour les montées. Elle constitue une réserve pouvant être utile dans les limites de vols de l'appareil (virages à forte inclinaison, boucles, renversements, huit paresseux, passages bas).
    Atterrissage : Au bout de 25 min il faut penser à se poser. Ce qui demande pilotage et attention de la part du pilote. L'arrondi d'un atterrissage classique (trainer) n'est pas la solution. Aux basses vitesses, l'avion s'enfonce et touche trois points avec violence. Une approche au moteur est conseillée. La procédure d'atterrissage ressemble à un passage très bas, avec remise des gaz juste avant le toucher. Le moteur est coupé lorsque les roues touchent le sol.

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