Pour la facilité de pilotage, rien à redire si ce n'est une fâcheuse tendance à ne pas vouloir tourner, ou tout du moins avec beaucoup de retard par rapport à l'ordre donné au manche. Les premiers vols m'ont valu quelques sueurs froides lorsque l'Easystar s'est retrouvé au-dessus des arbres et que je n'arrivais pas à le ramener à moi !
Ce défaut était particulièrement présent en phase " planeur ", donc quand la gouverne de direction n'était pas soufflée par l'hélice.
La première modification a alors consisté à augmenter ses débattements, jusqu'à atteindre les limites de pliure de l'Elapor. Effectivement, le virage était plus franc, mais l'Easystar avait alors une nette tendance à engager dans ses virages, d'où une perte d'altitude conséquente et une manoeuvrabilité douteuse. L'allure des virages ne ressemblait à rien; on tournait mais c'était moche. Non, finalement ça n'était pas la bonne solution … des ailerons s'avéraient indispensables.
J'aurai pu décider de passer à un autre modèle, directement prévu en 3 axes mais l'Easystar avait à peine volé, je n'allais pas changer de suite.
J'ai alors décidé de tailler des ailerons dans chaque aile, aidé en cela par la grande facilité à travailler l'Elapor au cutter.
Les premières questions qui se sont posées ont été de déterminer la surface à donner à ces ailerons ainsi que leur positionnement sur l'aile. Recherches effrénées sur le Web, consultation des forums modélistes, … impossible d'avoir des réponses concrètes. C'est décidé, ce sera " au pif " ! Enfin au pif … en tout cas à quelque chose qui paraisse cohérent par rapport à un avion standard. Les ailes étant démontables l'une de l'autre, difficile de ne mettre qu'un servo central. Ce sera donc un servo dans chaque aile en prise directe sur son aileron.
Pour faire léger et pour permettre de les loger dans la plus grande épaisseur des ailes, j'ai retenu des servos 10g GWS Naro STD . En tenant compte des courtes tringleries, le surplus de poids ne devrait pas excéder les 30g, ce qui m'est apparu à priori comme très raisonnable pour un avion de 700g en ordre de vol. Les essais en vol le confirmeront.
La modification démarre par la découpe des ailerons (lame de cutter neuve), puis biseautage côté intrados toujours au cutter et léger ponçage de finition au niveau de la découpe. Enfin, pose des charnières (en fait du scotch à charnière transparent dessus et dessous). Rien que du très classique. Les guignols sont faits à partir d'un palonnier de servo coupé en 2, et collé à la cyano dans un logement fait au cutter.
La découpe des logements de servo est faite à l'aide d'une mini-perçeuse et d'une fraise cylindrique. Contrairement au polystyrène, l'Elapor ne sème pas de boulettes partout.
L'épaisseur de l'aile est suffisante pour loger les servos jusqu'à ce qu'ils affleurent. Ils sont alors enrobés dans un morceau de gaine thermo et collés avec un point d'époxy. Ainsi, si il devient nécessaire de changer un servo, ils restent démontables par simple découpe de la gaine. Faire deux traits de cutter séparés de 2 mm jusqu'à 1 cm de l'emplanture pour noyer les fils. Les servos sont recouverts d'un morceau de scotch d'emballage armé pour assurer leur maintien et les saignées de passage des fils par du scotch bleu d'électricien.
Les commandes sont faites en CAP de 6/10ème, un S côté gouvernes et un accouplement de tringlerie côté servo pour faciliter le réglage du neutre. Il reste à découper deux petites fentes de chaque côté du fuselage pour permettre aux fils de servos de rejoindre le récepteur.
La modification est faite en un peu plus d'une heure par tout modéliste " moyen ". Le budget avoisine les 35 euros.
Avec des débattements d'ailerons de +/-10 mm, la mise en virage est beaucoup plus agréable, même s'il faut toujours coordonner à la dérive pour obtenir un bon déclenchement du virage. La manoeuvrabilité, surtout pour les phases d'approche, est plus franche. Il ne faudra bien évidemment pas espérer passer un programme de voltige, mais il est possible de jouer un peu : demie-boucle suivie d'un vol dos (qui tient pas si mal que ça durant 2 ou 3 secondes !) et demi-tonneau pour revenir dans le bon sens ! Le retour se fait très rapidement et sans difficulté. Il est d'ailleurs étonnant de remarquer que le demi-tonneau dans l'autre sens (depuis le vol à plat vers le vol dos) est quasiment impossible même manches dans les coins, l'Easystar s'engageant alors dans une sorte de spirale.
Pour conclure, c'est une modification que je ne regrette vraiment pas ! L'Easystar est aujourd'hui utilisé pour faire de l'écolage en toute confiance, et en acquérant dès le début les bons gestes du pilotage 3 axes.